25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

DEMOCRATISATION, DROITS DE L’HOMME ET DEVELOPPEMENT PARTICIPATIF/DECENTRALISE

 

Cet exposé est le fruit intellectuel du labeur des personnes suivante:

- Bakina Gracia Roberto

-  Moukoko Jessica Hélène

- Taboko Nken

Dounla Irina

Tous étaient à ce moment des étudiants de l’Université Protestante d’Afrique Centrale, Faculté des sciences sociales et des relations internationales, département de Paix et Développement, Licence 2.

PLAN DE L’EXPOSE

 

 

INTRODUCTION

 

I-                   DEMOCRATISATION

A-    Contexte historique

1-      Fin de la guerre froide

2-      Chute du mur de Berlin

3-      Perestroïka et glasnost

B-     Conditionnalité de l’accès à l’APD: la démocratisation en marche

1-      La Conférence de la Baule

2-      Les conférences nationales souveraines

 

II-                DROITS DE L’HOMME

A-    Aux origines des droits de l’homme

B-     Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948

C-    Respect des Droits de l’Homme comme conditionnalité à l’APD

 

III-              DEVELOPPEMENT PARTICIPATIF/DECENTRALISE

A-    Origine et émergence du développement participatif

 

1-      Forms of participation

 

a-      Passive participation

b-      Participation by consultation

c-      Participation by collaboration

d-      Empowerment participation

B-     Manifestation

1-      Gender equality

2-      Gender and development

3-      ‘Peolpe-Centered’ Development

 

 

IV-             CORRELATION ENTRE LES CONCEPTS ET BILAN

A-    Corrélation entre les concepts

B-     Bilan

1-      Apports

2-      Critique

a-      De l’instabilité politique durable…

b-      …au néocolonialisme au pas de sénateur

 

SYNTHESE

CONCLUSION

 

BIBLIOGRAPHIE

 

ACRONYMES

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

The developmental projects in the world and Africa in particular are a call for concern. That is why the developmental course has as core goal to look into it carefully through various plans put in place to enable the underdeveloped states to change their situation in order to better their wellbeing and conditions to overcome underdevelopment. This development strategy was introduced by former American president Harry Truman in his speech of 1949. We shall commence by presenting some theoretical concepts contextualized by some authors. Such as Adam Smith (who focused on LIBERALISM), Emile Durkheim (who came up with his principal idea of THE DIVISION OF LABOUR), Karl Max (CLASS STRUGGLE), Max Weber (his theory demanded for CAPITALISM), which is associated with the protestant ethics.

Again after studying the above concepts arose by development theories, firstly, we got the theory of MODERNISATION with the author Rostov. The theory of MODERNISATION which was widely criticized leading to the emergence of the second theory known as the DEPENDENCY THEORY. This new theory highlights the division of the world into the center of the periphery and the periphery of the center. For the fact that the positive impacts of the  dependency   theory  was not felt in the underdeveloped countries, this led to another theory known as INSTITUTIONALISATION which was not a success.

Furthermore, man continued to struggle towards development which opened the way to the developmental strategies. Underdevelopment which is mostly suffered by African countries is looked into in a strategic developmental struggle put in place by Julius Kambarage Nyerere known as UJAMA’A (another words or term “self-reliance”). Then the STRATIFICATIION OF BASIC NEEDS was the next step. Later on, there was a paradigm shift because these strategies did not attain or meet up their objectives. This brought us to the WASHINGTON CONCENSUS (Neoliberalism) and the emergence of NGO’s as the response to the different problems faced by the population. This notwithstanding, the Structural Adjustment Program (SAP) also did not succeed and its failure was attributed to the political conditions of African countries dominated by the totalitarian regimes. Thus, the political systems of our African states needed to be changed, giving way for a new strategy which happens to be our theme; DEMOCRATIZATION, HUMAN RIGHTS AND PARTICIPATORY DEVELOPMENT.

After having gone through the works of developmental theory pioneers, the developmental strategies put in place by the international institutions for more than fifty years, we are called to think on certain democratization, human rights and participatory development. This institutional approach began in the 90’s with the allocation of former French president François Mitterrand. This was pronounced at La Baule conference of 20th June 1990 in his opening speech of the 16th France-Africa meeting where he declared: « Et il n’y a pas trente six chemins vers la démocratie. Comme le rappelait M. le président du Sénégal, il faut un Etat, il faut le développement et il faut l’apprentissage de libertés… Lorsque je dis démocratie, lorsque je trace un chemin, lorsque je dis que c’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparait la nécessité d’une plus grande liberté, j’ai naturellement un schéma tout prêt : système représentatif, élection libre, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure… » With the coming up of Non Governmental Organizations (NGO’s) and local development, the later has come up as a remedy against underdevelopment. This is a condition that we must accomplish by all means. In 1990, we assisted in a series of multiparty in Africa; they were also many uprising in many countries in which Cameroon was not left out “Ghost town operations in 1990 – 1992”. That is why we arrive at this concept, what is the role played by internal and external forces on African countries at the beginning of this strategies? For a better comprehension, it is for us to present and analyze, one after the other, these three concepts as stated above. After doing this work, it will permit us to finally say at which point the equation of democratization, human rights and participatory development has bare fruits.

 

 

 

 

I-                   DEMOCRATISATION

 

Selon le Dictionnaire Universel, la démocratisation est un processus qui consiste en une ouverture progressive au principe de souveraineté populaire. Ce qui implique le respect des libertés d’expression, d’opinion, d’association…

A-    Contexte historique

La dernière décennie du XXe siècle, caractérisée par l’effondrement du Bloc communiste et la fin de l’antagonisme Est – Ouest, a donné naissance à un phénomène structurant sur la scène mondiale : l’universalisation de la démocratie libérale. Le modèle soviétique qui, autrefois, se voulait l’émule du bloc capitaliste s’essouffle et montre des caractères d’obsolescence. Ce qui était divergence entre communisme et capitalisme, démocratie populaire et démocratie libérale n’apparaît plus alors que comme un concept à ranger dans les tiroirs du passé. Dès lors, l’histoire de l’humanité semble arrivée à l’uniformisation d’un seul modèle qu’incarne l’universalisation de la démocratie libérale, qui apparaît ainsi comme le principe de convergence des deux paradigmes qu’étaient le capitalisme et le socialisme, malgré les spécificités propres à chacune de ces deux théories. Cette situation internationale a eu des incidences sur toute l’Afrique. Mais ces effets structurants se sont plus manifestés en Afrique au Sud du Sahara. Ce contexte de démocratisation serait, à notre avis, mieux saisissable sous la triple étude qui retrace la fin de la guerre froide, l’histoire du mur de Berlin, la pérestroïka et la glasnost.

 

1-      L’avènement du néolibéralisme

Les épreuves de développement auxquelles les pays en voie de développement sont soumis ayant mis à nu les faiblesses de l’institutionnalisme, il était de bon ton que de nouvelles résolutions soient prises, tant le développement occupe, a priori, une place de choix au menu des préoccupations des grands décideurs. Aussi l’accès au pouvoir de Tchatcher au Royaume-Uni et de Reagan aux Etats-Unis va-t-il favoriser l’avènement du néolibéralisme, avec ses programmes de stabilisation et  d’ajustement structurels.

En effet, le néolibéralisme se conçoit comme la promotion de l’économie de marché au nom de la liberté de l’individu et de l’efficacité économique et qui prennent des orientations politiques communes, prônant la dérégulation des marchés et la disparition progressive du secteur public au profit du privé, orientations qui pour les adversaires du néolibéralisme, accroissent les inégalités, déstabilisent le tissu social et pillent les ressources naturelles. De manière assez générale c’est une forme de libéralisme qui admet une intervention limitée de l’Etat.

Loin d’être un ressourcement des principes du libéralisme classique, le néolibéralisme classique, le néolibéralisme se présente plutôt en rupture avec plusieurs de ses thèses fondamentales. En particulier, la spécificité de cette idéologie post moderne se cristallise en deux : d’une part elle instaure la suprématie de la logique du calcul économique en déniant toute autonomie aux autres champs de l’activité humaine : d’autre part, elle vise à construire de toutes pièces un individu gestionnaire et stratège considéré comme la figure même de toute normalité.

Le néolibéralisme façonne donc normativement les individus comme des acteurs entrepreneurs et s’adressent à eux comme tels dans tous les domaines de la vie. Désormais, la logique économique prétend s’emparer de tous les domaines humains et impose  sa puissance au détriment des autres sphères d’épanouissement de l’homme : la politique, le droit, la morale, l’art, la religion. Cet impérialisme de l’économique se traduit par la prééminence de la rationalité par calcul des moyens en vue de la rationalité par calcul des moyens en vue de la satisfaction d’intérêt égoïste, aux dépens de la rationalité symbolique qui constituait jusqu’ici le fondement de toute société humaine.

 

2-      La fin de la guerre froide

La guerre froide est le conflit entre les deux blocs issus de la seconde guerre mondiale : le bloc occidental dirigé par les USA et le bloc communiste dirigé par l’URSS. Ces deux camps s’opposent sur les plans économique, politique et culturel, sans aller jusqu’à l’affrontement direct. L’on pouvait durant cette période, distinguer une alternance de phases de tensions et de détente. L’objectif pour chacune de ces puissances est de renforcer son bloc en poussant l’autre à la faute et donc d’engager les hostilités, ce qui lui ferait en porter la responsabilité. C’est donc pendant cette période que débute la course aux armements, et qu’ont lieu les crises les plus importantes comme celles de Berlin (1948-1949) et de Corée (1950-1953).

Mais en 1962, les deux superpuissances, se rendant compte du risque (anéantissement) susceptible d’être causé par ce conflit, entrent dans une phase de détente armée dans laquelle les deux Grands instaurent un code de relations éliminant les risques d’un affrontement direct. Cette détente n’empêche cependant pas les conflits périphériques dans le Tiers-Monde. En 1975, sont donc signés les accords d’Helsinki, lesquels marquent le sommet de la détente. Peu après, l’on entre dans une période marquée par la détérioration des rapports entre les deux camps, sur fonds de crise économique mondiale. Alors que la détente avait vu une limitation de la course aux armements, celle-ci redémarre, et ce regain de tensions fut qualifié de « guerre fraiche ». Gorbatchev arriva au pouvoir en 1987 en URSS. Conscient que l’URSS est incapable de suivre les USA dans la course aux armements, il propose de renouer le dialogue et en 1989, George Bush proclame la fin de la guerre froide et affirme vouloir réintégrer l’URSS à la communauté internationale. En 1990, l’OTAN, alliance militaire du camp occidental déclare que l’URSS n’est plus son ennemi.

 

3-      La chute du mur de Berlin

 

Suite à l’échec en 1960 de la conférence de Paris à trouver une solution au problème , les autorités soviétiques et est-allemandes prennent l’initiative de construire un mur rendant impossible le passage entre les deux secteurs . Ce mur orienté nord-sud d’une cinquantaine de kilomètres est doublé d’un mur extérieur coupant la totalité du territoire de Berlin ouest du territoire de la RDA . Dans les mois qui suivent, le mur que les occidentaux baptisèrent « le mur de la honte » est perfectionné. En fait, il est constitué de deux murs isolant un « no man’s land » truffé de mines, de chevaux de frises et surveillé du haut des miradors par la police populaire tirant à vue sur toute personne tentant de le franchir.

En 1958, Kroutchev exige que les occidentaux quittent Berlin ouest et que la ville soit déclarée ville libre sous le contrôle de l’ONU, et profère des menaces en cas de refus de signer un traité avec la RDA autorisant celle-ci à s’opposer au passage des troupes occidentales sur son territoire. Suite à un refus d’obtempérer, les autorités est-allemandes prennent l’initiative de construire un édifice rendant impossible le passage entre les deux secteurs dans la nuit du 13 août 1961.Ainsi entre 1961 et 1989, de nombreuses personnes sont fusillées en tentant de le franchir, mais près de 40.000 personnes parviennent à le franchir avec toutes sortes de stratagèmes. Durant l’année 1989, un mouvement de masse se développe en RDA pour exiger la démocratisation du pays. Le 9 novembre 1989, les manifestants ouvrent le mûr, et le régime impuissant laisse faire. Il sera intégralement démoli entre juin et novembre 1990. Cet évènement marque symboliquement la fin des tensions entre les blocs soviétiques et capitalistes. Ces tensions avaient engendré une bipolarisation du monde entre capitalistes et communistes. Avec la chute du mûr de Berlin, on assiste à la disparition du bloc socialiste  et au triomphe du capitalisme. Dès lors, les anciens pays du bloc socialiste vont progressivement faire partie des organisations et institutions internationales et promouvoir le libre échange commercial.

La chute du mur de Berlin qui marque considérablement l’histoire du monde est consubstantielle à une résurgence de la démocratisation que  Samuel Huntington appelle la « troisième vague de démocratisation ».[1] En cette chute, Francis Fukuyama voit la fin de l’histoire puisqu’on allait désormais vivre dans un seul monde, oubliant la bipolarité, la confrontation Ouest-Est. Dans le même temps, Samuel Huntington y voit une juxtaposition de diverses cultures et une confrontation des civilisations aux valeurs religieuses différentes. Pour lui : « Si le XIXème siècle a été marqué par les conflits des Etats-Unis et le XXème par l’affrontement des idéologies, le siècle prochain verra le choc des civilisations car les frontières entre cultures, religions et races sont désormais des lignes de fracture».[2]

4-      La perestroïka et la glasnost

 

 

« Avançons dans la voie de la perestroïka ».Tel est le leitmotiv et le titre du Rapport de Mikhaïl Gorbatchev (Secrétaire Général du Parti Communiste de l’Union soviétique  depuis 1985), présenté le 2 juillet 1990, devant le XXVIIe Congrès du parti. Notons d’emblée que perestroïka et glasnost signifient respectivement « restructuration » et « transparence ». Quoiqu’il ait alors à faire face à une forte contestation de son pouvoir, il persiste dans son appel à la démocratisation et au pluralisme. Dans cette perspective, il questionne particulièrement la révision du rôle du Parti communiste dans la vie politique soviétique. Au cours des débats qui ont précédé le congrès, l’activité théorique du PCUS a fait l’objet d’un intérêt soutenu. Certains ont même été jusqu’à dire que la direction du parti avait engagé le pays dans « une expérience globale » sans avoir de conception théorique des réformes entreprises. Or une telle conception ne vient pas comme une illumination. […] « À ceux qui exigent qu’on leur fournisse une nouvelle théorie achevée du socialisme, dit Gorbatchev, je répondrai que seule la vie, le travail libre, l’autogestion et le bien-être de la population peuvent remplir le socialisme d’un contenu nouveau. Le PCUS a raison de nous fixer pour objectif un socialisme humain et démocratique». La pérestroïka est donc dévoué aux idéaux universels et humanistes, sensible aux traditions et espoirs des nations, mais irréductiblement hostile au chauvinisme, au nationalisme, au racisme et à toute idéologie réactionnaire et obscurantiste ; un parti libéré de l’étroitesse idéologique et du dogmatisme. Il faut selon Gorbatchev, la reconnaissance des droits de la minorité d’avoir des positions propres, la liberté de discussion, mais aussi sur l’obligation de respecter les décisions de la majorité ; un parti appliquant le principe de l’auto-administration, de la liberté d’action pour ses organisations et de l’autonomie pour les partis des républiques unis par les mêmes objectifs et les mêmes statuts ; un parti, enfin, ouvert aux contacts avec les autres communistes, avec les sociaux-démocrates et les socialistes des autres pays, avec les représentants d’autres courants politiques et scientifiques.

Mais les reformes économiques entreprises se heurtent à la résistance de la Nomenklatura et ont pour conséquences de réorganiser les anciens circuits commerciaux alors que le nouveau tarde à se mettre en place. La situation économique continue donc à se dégrader et le mécontentement de la population augmente. Concernant les oppositions politiques en 1989, ont lieu les premières élections libres pour désigner le Congrès des Députés du peuple. La même année, Gorbatchev, pour échapper au sort de Kroutchev qui s’est fait destitué par le parti, se fait élire président de la république. A la faveur de la Glasnost, les oppositions se développent, au grand jour. Ce que l’on appelle les radicaux, les plus chauds partisans des reformes économiques, conduit, par Boris Eltsine, réclament un passage a l’économie de marché c’est-à-dire un retour au capitalisme, mais les membres les plus conservateurs de la Nomenklatura sabotent les réformes.

Au printemps 1990, les républiques baltes proclament leur indépendance, ce qui encourage les forces nationales dans les autres républiques de l’URSS. En août 1991, les conservateurs opposés à la Perestroïka, tentent un coup d’Etat qui se heurte à une résistance organisée par Boris Eltsine, élu l’année précédente président de la république de Russie, la plus importante république de l’URSS. L’échec du coup d’Etat accélère la décomposition du régime. Eltsine s’entend avec le président de l’Ukraine et celui de la Bielorussie pour décider de la création de la CEI. Président d’un Etat qui n’existe plus, Gorbatchev démissionne le 25 décembre 1991.

 

 

B-     Conditionnalité de l’accès à l’APD: la démocratisation en marche

 

 La déliquescence du  communisme et de plusieurs régimes marxistes-léninistes dans les pays en voie de développement ont consacré la fin de la bipolarité du monde – qui a eu cours depuis la fin de la deuxième guerre mondiale- et le néolibéralisme économique. Dès lors, la libéralisation politique sous la forme de démocratisation représentait un préalable pour la libéralisation économique et la croissance. La nouvelle orthodoxie met ensemble démocratie et développement d’une manière tout autre, alors que l’ancienne n’a plus droit de cité : « Democratic good governance is not an outcome or consequence of development, as was the old orthodoxy, but a necessary condition of development… ».[3] Il n’est donc plus question d’appartenir ou d’avoir des accointances avec un camp idéologique pour bénéficier de l’APD. L’Occident pointe d’un doigt accusateur les régimes de monopartisme qui traduisent bien évidemment la dictature et ses corollaires (pas de liberté d’association, d’opinion, de presse…) La démocratisation, le respect des droits de l’homme et l’association des populations aux prises de décision est d’importance. Ce n’est qu’à l’aune de ceci que les candidats à l’APD se verront attribuer ou non, ladite aide. A entendre le Ministre britannique, ce sera même une sorte d’évaluation-récompense: “In practical terms, it means that we… will reward democratic governments…we should penalize particularly bad cases of repression and abuse of human rights.”[4] Les Etats-Unis et leurs puissances satellites occidentales étant ragaillardis,  auront donc, sous le regard impuissant de l’URSS, le vent en poupe sur la scène internationale et surtout sur les pays sous-développés mal en point. Cette situation aidant, la démocratisation s’implantera progressivement, presque sans coup férir puisqu’on passera de 25% d’Etats démocratiques en 1974, à 45% en 1990, puis à 68% deux ans après[5]. C’est dire si la Conférence  La Baule de Juin 1990 et les conférences nationales ont  eu un écho favorable.

 

1-      La Conférence de La Baule

Ce discours prononcé dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France marquera une date importante dans les relations entre la France et l’Afrique, 37 pays africains étaient invités à La Baule en 1990. Selon Roland Dumas, ce discours se résume ainsi : « Le vent de liberté qui a soufflé à l’Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud ». Ce propos de Mitterrand  oscillera autour de cinq axes majeurs, dont                                  développement, démocratie et liberté,  relation France-Afrique, économie  et accès à l’Aide Publique Développement.

Le Développement

 Il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement M. Roland Dumas  car  c’est en prenant la route du développement que vous serai engages sur la route de la démocratie  en plus cette démocratie ne passe pas par 36 chemin pour se réaliser.  » De manière plus imagée, le ministre de la coopération M. Pelletier, avait indiqué « que le vent d’Est a fait plier les cocotiers ». se disant l’Afrique souffrait surtout d’une crise économique, une baisse de production par tête, la contribution de l’Afrique dans la concurrence mondiale reculait, l’investissement plus rares, le tuât de famine et la dette publique s’alourdit. Bref on est installé dans un cycle de « dettes-sous développement »

Démocratie et Liberté

Alors que les relations avec l’Afrique s’étaient, dans un contexte de l’homme » href= »http://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l%27homme »>droits de l’homme et de la démocratie de la part des pays exportateurs qu’il pense est « la seul façon de parvenir à un d’équilibre au moment  où  apparait  la  nécessite d’une plus grande liberté », et cette liberté se fera visible par «un  systèmes représentatifs, élections libre, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature»,  le Discours de La Baule représente un pas en avant vers la conditionnalité des échanges. Les pays d’Afrique sont désormais invités à accélérer leur processus de démocratisation en vue d’une pérennisation des échanges avec le Nord.

                                               La Relation France-Afrique

Après avoir rappelé dans son discours qu’il considérait le développement comme  » un élément indissociable des progrès de la démocratie « , le Président de la République affirmait nettement :  » nous ne voulons pas intervenir dans les affaires intérieures. Pour nous cette forme subtile de colonialisme qui consisterait à faire la leçon en permanence aux Etats africains et à ceux qui les dirigent, c’est une forme de colonialisme aussi perverse aque toute autre.  » Pour autant la France n’est pas absente et le Président François Mitterrand le rappelle  » la France continuera d’être votre amie, et si vous le souhaitez, votre soutien, « nous sommes allé partout le ministre des affaires étrangères, le ministre de l’économie et de finances, le ministre de la coopération, le ministre de la Francophonie notamment, pour plaider le dossier de L’Afrique » sur le plan international, comme sur le plan intérieur  » et le Président poursuit en déclarant  » la France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté « .

Economie

 

Au plan économique ce discours a élaboré certains problèmes économiques que traversait l’Afrique n’étant pas pour des raisons de moquerie mais pour  une prise de conscience des chefs d’Etats et citoyens  Africains puisque le pouvoir économique pouvait déterminer la puissance politique et l’influence commerciale d’un pays sur le domaine internationale. En Afrique la production par tête diminue chaque année, la part de l’Afrique dans la concurrence mondiale recule, les investissements Africains plus rares, la famine resurgit, et la dette publique s’alourdit et poussait l’Afrique à être l’oubli de la croissance économique mais n’étant pas du aux situations naturelles mai plutôt a la mauvaise gérance de certains dirigeants Africain, les ambitions égoïste des leadeur Africains et aussi de certains Etats qui non pas pu prendre a temps des mesure qui pouvait convenir a l’Africain.  Pour parvenir a un remédie de ces difficultés économique surtout, disait M. Mitterrand : « Si j’étais à votre place j’aurais élaboré  un plan de développement d’une durée de 2 ans ».  En plus il faudra unifier les marches Africain et l’harmonisation de règles administratives, avoir une monnaie unique le franc CFA et ensuite ouvrir les frontières douanières à tout investissement. Mais le plus important sera de faire confiance aux différents marchés Africains. Tout ceci ne sera pas pour autant possible que par les réactions des institutions du gouvernement mais aussi par la participation active des citoyens et des organes non-gouvernementaux où chacun pourra donner son idée sur la gérance politique de l’Etat  qui conduira à plus de liberté et d’égalité,  donc a une démocratie libérale.

 

Aide Publique au Développement

La novation du discours de La Baule réside dans cette dernière annonce ; les rappels des éléments plus classiques de la politique africaine de la France n’étaient là que pour préparer l’auditoire, le rassurer »La France est décide a poursuivre sa politique et donc a aide l’Afrique quoi qu’on en dise, Elle ne se retirera pas de l’œuvre engagés ». Désormais la chose est dite : l’aide de la France aux Etats africains est subordonnée à l’avancée du processus de démocratisation. Ce lien a été clairement explicité lors de la conférence de presse consécutive


[1] La première a commencé avec les révolutions française et américaine à la fin du XVIIIe siècle, et la deuxième a découlé de la victoire des alliés à la seconde guerre mondiale.

[2] Cité par Paul Fokam (Misère galopante du Sud, complicité du Nord. Jeux-Enjeux-Solutions, Paris, Maisonneuve & Larose, 2005) p. 128

[3] Leftwich (A), « On the Primacy of Politics in Development »

[4] Hurd (D.), Promoting Good Government. Crossbow, Autumn, 1990, pp. 4-5

[5] Leftwich (A), op. cit. p. 3

à ce sommet par François Mitterrand qui établissait une distinction entre  » une aide tiède  » destinée aux régimes autoritaires refusant toute évolution démocratique et  » une aide enthousiaste  » réservée à  » ceux qui franchiront le pas avec courage « .

I-                   DROITS DE L’HOMME

Les dictionnaires définissent le vocable « droit » comme consistant en un « privilège ». Mais lorsqu’il est employé dans le contexte des droits de l’homme, ce vocable revêt une acception bien plus fondamentale. Ce sont des droits car il s’agit de choses qu’on a le droit d’être, de faire ou d’avoir. Ces droits sont là pour la protection contre le mal, ils sont là pour s’aider les uns les autres et vivre en paix. C’est dire in fine que, par droits de l’homme, il faut entendre des droits inaliénables de tous les êtres humains, quels que soient leur nationalité, lieu de résidence, sexe, origine ethnique, couleur, religion, langue ou toute autre condition. Nous avons tous le droit d’exercer nos droits de l’homme sans discrimination et sur un pied d’égalité. Ces droits sont intimement liés, interdépendants et indivisibles. Si cette concept est de plus en plus présent aujourd’hui au bout des lèvres, il quand même noter que DUDHC de 1948 par exemple sourd d’une réflexion qui date de pas mal de temps. De fait, il est nécessaire de faire retour, fût-ce brièvement, sur les origines.

 

A-    Aux origines des droits de l’homme

A l’origine, les individus avaient des droits uniquement en fonction de leur appartenance à un groupe donné. Alors que l’histoire suivait imperturbablement son cours, les conflits, qu’il s’agisse aussi bien de guerres que de soulèvements populaires, ont souvent été une réaction à des traitements inhumains et à l’injustice. Le cylindre de Cyrus qui a été rédigé en 539 avant J.-C. par Cyrus le Grand de l’empire achéménide de Perse après sa conquête de Babylone est souvent considéré comme le premier document des droits de l’homme. Et vers 590 après J.-C. Cyrus a libéré et renvoyé tous les esclaves chez eux, il aussi a déclaré que les gens avaient le droit de choisir leur religion. Le pacte des Vertueux conclu entre les tribus arabes est considéré comme le l’une des premières alliances pour les droits de l’homme. Mais beaucoup plus tard,  la déclaration anglaise des droits de 1689, consécutive à des guerres civiles survenues dans le pays, a été le résultat de l’aspiration du peuple à la démocratie.

La  Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique signée le 4 juillet 1776 et explicitement inspirée des idées de John Locke sur l’existence de « droits naturels » de l’homme, justifie la révolte des colons d’Amérique au motif que le roi d’Angleterre a rompu le contrat tacite qui l’unissait à ses sujets d’outre atlantique.  Ce contrat lui faisait également obligation de défendre leur vie et leur liberté et de créer les conditions permettant à chacun d’entre eux d’assurer la « poursuite du bonheur ». Le bonheur ou la poursuite du bonheur était alors considérée comme le but ultime du gouvernement des sociétés. A ce dernier, la Révolution française ajoutera, avec la DUDHC du 26 août 1789, un ensemble de règles juridiques statuant sur les droits civils et politiques des individus. Et de cette déclaration, découlera la première énonciation des « droits naturels ». Il s’agit de la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance, également valables pour l’ensemble des individus. Ainsi, l’idée de souveraineté réside dans l’ensemble des individus qui constituent la nation. C’est alors que ce concept de droits de l’homme va davantage évoluer, et, les bouleversements qui ont meublé l’histoire aidant, il atteindra pour d’aucuns, son expression la plus achevée avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

B-     La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948

Le 10 décembre 1948, les 56 pays membres de l’Assemblée générale de l’ONU adoptent par 48 voix et 8 abstentions, une DUDHC qui représente la charte morale du monde nouveau que l’ONU veut mettre sur pied. Selon le Département de l’Information Publique des Nations Unies, la déclaration des droits de l’homme compte 30 articles qui devraient s’appliquer à tous les Etats membres des Nations Unies. En plus à travers l’idée de « everyone » situé au début de chaque article , qui démontre que ces articles devraient être appliqué sur tous les etres humain sans céder place à la discrimination de toute sorte comme le stipule l’article 1 des droits de l’homme : « All human beings are born free and equal in dignity and rights. They are endowed with reason and conscience and should act towards one another in a spirit of brotherhood » confirmé par l’un des dix commandements de la Sainte Bible. Elle n’était que bienvenue, eu égard à la palette infernale à laquelle a assisté le monde durant la deuxième guerre mondiale avec l’utilisation des techniques et méthodes de loin plus sophistiquées que celles de la première guerre. Il reste que la nouvelle organisation qui se fixe pour objectif de préserver la paix du monde, éprouve le besoin de préciser les principes au nom desquels elle entend atteindre son but, ce d’autant plus que les critiques ne manquent pas sur le rôle du directoire mondial que se sont attribué les cinq grandes puissances membres du Conseil de Sécurité, disposant d’un droit de veto sur les décisions de cet organisme. Déjà, dans le droit fil de l’inspiration des buts de guerres des Alliés définis par Roosevelt et Churchill dans la Charte de l’Atlantique d’août 1941 et dans la Déclaration des Nations Unies signée par 26 pays en janvier 1942, la Charte des Nations Unies adoptée le 25 juin 1945 avait affirmé la nécessité de fonder la paix du monde sur la résolution des « problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel et humanitaire » et sur le développement « du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ». La DUDH entend donc préciser ce dernier point, plaçant l’action de l’ONU et du monde nouveau qu’elle vise à créer sous l’inspiration de principes philosophiques de portée universelle. Le texte final rédigé par Réné Cassin fut remis à la Commission des droits de l’Homme qui était réunie à Genève et tous les Etats membres de l’ONU reçurent celle-ci pour d’éventuelles observations. C’est alors que le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale en réunion à Paris, adopta la DUDHC qui comporte trente articles, avec les abstentions de huit pays, mais aucune contestation.

 

 

C-    Respect des Droits de  l’Homme comme conditionnalité à l’APD

 

Droit de l’homme et coopération au développement sont étroitement liés. Depuis des décennies, des pays donateurs ont utilisés les droits de l’homme comme instrument de conditionnalité de l’aide au développement, sous sa forme dissuasive et punitive ou incitative. Depuis deux décennies au moins, la doctrine s’est posée la question de savoir comment le développement (et la coopération y relative) pouvaient être transformés en un instrument au service du respect et de la réalisation des droits de l’homme.

La coopération au développement fonctionne par programmes multisectoriels ou sectoriels     (agriculture, éducation, justice, environnement, population, santé etc.) Ces programmes sont définis et exécutés en étroite collaboration entre les partenaires au développement, y compris les agences gouvernementales des pays et les organismes de coopération internationale. L’ONU à travers ses agences, programmes et fonds, est devenu un acteur central dans ce domaine, en particulier en Afrique. Ceux-ci ont apporté, depuis bientôt cinq décennies, leur assistance technique et / ou  financière à la plupart des pays concernés. Dans ce cadre, le fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a joué un rôle précurseur en basant sa politique d’assistance  sur la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, adoptée en 1989. Il a ainsi fourni son appui à des programmes nationaux ou régionaux relatif à l’enfance en recherchant en priorité la réalisation des droits consacrés par cette Convention et le respect corrélatif des obligations y découlant pour les Etats parties. Au-delà de la satisfaction des besoins (approche classique de l’aide ou de la coopération au développement),   par exemple la construction des écoles pour pallier le manque de celle-ci dans cette localité donnée, les programmes et activités de développement doivent avoir comme objectif ultime le respect et la réalisation des droits de l’homme pertinents, dans le cas d’espèce le droit à l’éducation des enfants de la localité concernée. Le cadre innovateur de cette approche réside également dans le fait qu’elle exclut tout élément de charité ou de conditionnalité. Sur la base de cette expérience pilote de l’UNICEF, le Secrétaire général de l’ONU à l’époque, M. Koffi Annan, dans son premier rapport sur la réforme de l’ONU susmentionné, a recommandé l’extension de cette pratique à toutes les activités de coopération de l’ONU (paix et sécurité, développement économique et social, assistance humanitaire, coopération au développement). D’après le Consensus de Stamford (mai 2003), adopté par toutes les agences des Nations Unies, une approche du développement fondée sur les droits de l’homme se caractérise par les  trois éléments suivants :

« 1. Tous les programmes et politiques de coopération au développement et assistance technique devraient poursuivre la réalisation des droits de l’homme tels que consacrés par la déclaration des droits universelle des droits de l’homme et les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.

2. Les normes internationales des droits de l’homme contenues dans ces instruments et les principes qui en découlent doivent guider toute coopération au développement et la programmation dans les secteurs et dans toutes les phases du processus de programmation.

3. La coopération au développement doit contribuer au renforcement des capacités des ‘débiteurs des droits’ à respecter leurs obligations et / ou de celles des ‘titulaires des droits’ à revendiquer leurs droits ».

Les principes directeurs de l’approche du développement fondée sur les droits de l’homme incluent : la participation, l’égalité et la non-discrimination, la responsabilité et la transparence, la prise en compte des inégalités et l’appropriation.

 

 

III-              PARTICIPATORY/DECENTRALISED DEVELOPMENT

 

Development is that gradual growth of something so that it becomes more advanced, strong, etc (ALD).The law of development as seen by ERSSON and LANE has three variables which are measured in the study of development as economic growth, development in terms of human development and finally development as equal distribution of wealth. Participatory development helps to reinforce the society in giving possibilities to individuals and groups, communities and organizations as a mean to negotiate with institutions and administrations. Participatory development is also known as “people’s development”. Therefore it’s defined as the process which determines the people, individuals or groups to take active part in the evolution of decisions that are taken to determine their wellbeing and future .it is also a process which stock holders can influence and share and control over development initiatives and over the decisions and resources that affect themselves.

 

A-    Origin and emergence of Participatory Development

Participatory Development seeks to engage local populations in development projects. Participatory development (PD) has taken a variety of forms since it emerged in the 1970s, when it was introduced as an important part of the « basic needs approach » to development.Most manifestations of PD seek “to give the poor a part in initiatives designed for their benefit” in the hopes that development projects will be more sustainable and successful if local populations are engaged in the development process. PD has become an increasingly accepted method of development practice and is employed by a variety of organizations. It is often presented as an alternative to mainstream “top-down” development. There is some question about the proper definition of PD as it varies depending on the perspective applied. Two perspectives that can define PD are the « Social Movement Perspective » and the « Institutional Perspective ».

The « Social Movement Perspective » defines participation as the mobilization of people to eliminate unjust hierarchies of knowledge, power, and economic distribution. This perspective identifies the goal of participation as an empowering process for people to handle challenges and influence the direction of their own lives. Empowerment participation is when primary stakeholders are capable and willing to initiate the process and take part in the analysis. This leads to joint decision making about what should be achieved and how. While outsiders are equal partners in the development effort, the primary stakeholders are primus inter pares, that is, they are equal partners with a significant say in decisions concerning their lives. Dialogue identifies and analyzes critical issues, and an exchange of knowledge and experiences leads to solutions. Ownership and control of the process rest in the hands of the primary stakeholders.

The « Institutional Perspective » defines participation as the reach and inclusion of inputs by relevant groups in the design and implementation of a development project. The “Institutional Perspective” uses the inputs and opinions of relevant groups, or stakeholders in a community, as a tool to achieve a pre-established goal defined by someone external to the community involved. The development project, initiated by an activist external to the community involved, is a process by which problem issues in a community can be divided into stages, and this division facilitates assessment of when and to what degree a participatory approach is relevant. From an institutional perspective, there are four key stages of a development project: Research Stage, Design Stage, Implementation Stage, Evaluation Stage that are defined in later sections of this article. The institutional perspective can also be referred to as a « Project-Based Perspective ».

 

1-      Forms of participation

a-      Passive participation

Passive participation is the least participatory of the four approaches. Primary stakeholders of a project participate by being informed about what is going to happen or has already happened. People’s feedback is minimal or non- existent, and their participation is assessed through methods like head counting and contribution to the discussion (sometimes referred to as participation by information).

b-      Participation by consultation

It is an extractive process, whereby stakeholders provide answers to questions posed by outside researchers or experts. Input is not limited to meetings but can be provided at different points in time. In the final analysis, however, this consultative process keeps all the decision- making power in the hands of external professionals who are under no obligation to incorporate stakeholders’ input.

c-      Participation by collaboration

This form of participation forms groups of primary stakeholders to participate in the discussion and analysis of predetermined objectives set by the project. This level of participation does not usually result in dramatic changes in what should be accomplished, which is often already determined. It does, however, require an active involvement in the decision-making process about how to achieve it. This incorporates a component of horizontal communication and capacity building among all stakeholders—a  joint collaborative effort. Even if initially dependent on outside facilitators and experts, with time collaborative participation has the potential to evolve into an independent form of participation.

d-      Empowerment participation

Empowerment participation   is where primary stakeholders are capable and willing to initiate the process and take part in the analysis. This leads to joint decision making about what should be achieved and how. While outsiders are equal partners in the development effort, the primary stakeholders are primus inter pares, that is, they are equal partners with a significant say in decisions concerning their lives. Dialogue identifies and analyzes critical issues and an exchange of knowledge and experiences leads to solutions. Ownership and control of the process rest in the hands of the primary stakeholders.

 

 

B-      MANIFESTATIONS

 

There are many different manifestations of participatory development which has been promoted as away to improve the “efficiency and effectiveness of formal development programs .This method usually involves external and local actors working together on a participatory project. GIZ (a German development agency) describes participation as “co-determination and power sharing throughout the program circle.” This is by involving those who will benefit from the programs I n their development and having local and international groups work together. It is hoped that development programs will be made more sustainable and successful, enabling “mutual learning “. Another way that participatory development is conceptualized the goal is to enhance communication, respect, listening and learning between workers and those they serve in order to achieve more applicable useful outcomes. Participatory Rural Appraisal (PRA) is one example of mutual learning, a form of research which acknowledges that, illiterate, poor, marginalized people can represent their own lives and livelihoods …do their own analysis and come up with their own solutions. Some hope that PD will be able to cause  a shift in power relations  by valorizing voices that usually go unheard by political and development groups .This says or speak that participatory development has the potential to increase a populations ability to be self determining .Those who promote this view of PD will like to see social communities  making , rather than their only contributing  to important decisions  this activist hope that  PD will lead to better civil engagement whereby people are able to determine the way their own communities function .

1-       Gender Equality

 

The seeds of the women and development concept were planted during the 1950s and 1960s. Women who had participated in independent acted on their convictions and they thought that they must join with men in building these new nations. For instance, women of East African countries, led by Margaret Kenyatta met at seminars to adopt strategies aimed at reaching their goals. This was the time when the revived feminist movements in the North had not yet found a distinct voice and the feminist mystique (Friedan 1963). The book that some credit with signaling the revival of feminism and launching the women liberation movement in northern countries had not yet been written.

The concern with gender relations in development has strengthened the affirmation that equality in the status of men and women is fundamental to every society. We realized that development requires more than the creation of opportunities for people to earn sustainable livelihoods. It also requires the creations of conducive environment for men and women to seize those opportunities. Development needs good governments that give men and women equal voices in decision making and policy implementation. Bearing in mind the perspective that gender matters in development, we can go on to reexamine and redefine other development concerns and objectives. The IDRC has taking steps to promote gender sensitive research that improves our understanding of development problems and leads to appropriate solutions and it has supported efforts to disseminate knowledge on gender issues.

 

2-      Gender and Development

 

In recent years there has been an increasing awareness that development has had a differential impact on the relations between men and women, and usually to the detriment of the latter. In the 1970s and 1980s there was a new emphasis by international and bilateral agencies on gender matters in development. This shift was shaped by the emergence of a range of feminist and progressive social theory at a time. The major concern was the women where being overlooked or marginalized in four crucial areas, namely, political rights, legal rights, access to education and training and their working lives.

Two broad theoretical positions can be identified – The Women In Development (WID) and The Gender And Development (GAD) approaches. The former turns to coincide with positions adopted by various governments and international development organizations in the 1970’s and after, though in a somewhat diluted form. The GID was shaped by the elaboration and changes proposed by academics and development professionals and activist and has gradually implanted WID in national and international bodies.

 

The WID approach focuses almost exclusively on women. A major concern was that women where being overlooked or marginalized in four crucial areas as mentioned above. It was argued that women will not benefit from economic growth unless the whole development process was reshaped with a view to improving the condition of women in particular. A central strategy implied the “main stream” of women through their integration into economic, social and political live. There was also an emphasis on treating women on equal term with men.

 

A key criticism of women in development approach is that it focuses more on the notion of women exclusion from the development process, than considering rather the flawed ways in which they have been incorporated in the process. A further criticism leveled at the WID perspective is that it turns not to situate women subordination within a wider network of gender relations. There was also a growing realization by policy makers and development agencies that addressing inequality of gender relations and the disparity between women contributions to society and their rewards goes much further than directing aids programs to women.

 

The GAD approach by contrast emphasis that women be incorporated into the development process in different ways to take due cognizance of class,  colour, ethnic, religious and cultural factors. It also stresses that women and men’s live in their entirety should be the focus of development thinking. In recent years there have been a shift to the alternative GAD perspective by development agencies and practitioners, but again the more critical trust of the GAD analysis has been blunted in practice. Also the problem with the GID, according to some critics, was that it allowed more conservative approaches and some of the cutting age of feminist theory which informed the earlier WID approach was diluted.

The emphasis in recent years has been to move beyond fixed positions. Key research teams include the gender consequences of structural adjustments, the revisiting of women’s work and the international division of labor exploring the complexities of the relationship between gender, development and globalization.

 

3-      ‘People-Centered’ Development

 

This broad perspective in the early 21st century represents both “main stream” and formally “alternative” perspectives regarding the importance of looking traditional economically oriented indicators and definitions of development. It represents and expanded dimension in the Relevant United Nations Development Agencies, as well as a number of international development bodies. The perspective stresses into the need to build human resources and capacities, the need for more decentralized and participatory forms of development policy and application, the need to utilize more  efficiently the various institutions and organizations of civil society (including NGO’s), and accords gender and human rights a higher priority than previously.

 

In the 1970’s and 1980’s, there was probably more of a division between “main stream” development and “alternative” forms of development. More recently the boundaries have become blurred as main stream development thinking has incorporated various aspects of alternative development such as equality, gender, sustainability and participation, though these emphases have often been diluted in practice. The second half of the 1980s and  early 1990s, saw a growing systematization of work on people- and human-centered development, and this was taken up in part in several of the bilateral and international development agencies including the United Nation Development Wing.

 

The First Human Development Report of 1990 prepared by the United Nations Development Program ( UNDP) aimed for a more comprehensive concept of human development which it defined as a process of enlarging peoples choices. UNDP 1993 Human Development Report incorporated central feature of the people manage strategy.

 

Human or people centered development, takes up some of the themes of the basic need theory and incorporates a range of material form “alternative” development thinking. Its stresses that growth without equity and some form of redistribution of wealth and resources,  does not necessarily constitute development. There is also recognition that poverty is not only an issue of poor material living standards, but of lack of choice and capability. Thus, development also means the restoring/reclaiming and reinforcing basic human capabilities and freedoms. As empowerment, participation and freedom of choice have a political dimension, there is consequently a greater emphasis on processes of democratization at local and national levels. A related theme is the building of more vigorous civil societies in the various countries-a step which is essential to the construction of more robust democratic political culture. It also incorporate the notion of sustainable development (in its less contentious guises) and takes cognizance of the growing importance in gender in development thinking by emphasizing relatively equal status for and the participation of women in the society.

 

According to a number of critics, there is an inherent vagueness about the “human development” approach which makes it difficult to find specific policy expression. Human development endorses some of the same principles as popular development, remains on the whole state-centered, top-down social engineering, in which the state is viewed as the main agent for implementing human development policies.

 

II-                CORRELATION ENTRE LES CONCEPTS ET BILAN

 

A-    Corrélation entre les concepts

 

1-      L’interaction démocratie-développement

 

La démocratie et le développement sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Le lien entre eux est d’autant plus fort qu’il prend naissance dans les aspirations des individus et des peuples et les droits qui leur sont reconnus. L’imbrication de la démocratisation et du développement contribue à enraciner l’une et l’autre dans la durée.

En effet, si, pour se consolider, la démocratie politique doit trouver son prolongement dans des mesures économiques et sociales qui favorisent le développement, de même, toute stratégie de développement a besoin, pour être mise en œuvre, d’être validée et renforcée par la participation démocratique. L’interdépendance entre démocratie, développement et droits de l’homme est mentionnée clairement dans la Déclaration de Vienne de 1993. Egalement, la Charte des Nations unies, les pactes internationaux, la Déclaration de 1986 sur le droit au développement, la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, en ont tous fait état. Mais la mise en œuvre de ces droits, consacrés par le droit international, implique tout à la fois une plus grande solidarité de la communauté internationale et le respect, par les États, de leurs obligations internationales. Il faut donc voir dans l’État de droit, le fil qui peut relier la construction et la consolidation de la démocratie à celles du développement, ainsi que le moyen de consolider ce qui est leur socle commun : le respect des droits de l’homme. Justement, pour que les droits de l’homme soient garantis et pour que la démocratie fonctionne, il faut, non seulement que les communautés et les individus, hommes et femmes, aient accès à la justice, mais aussi qu’ils puissent, en amont, avoir connaissance des lois et les comprendre. Dans le même ordre d’idées, l’absence de justice compromet directement le développement, d’une part parce que cela favorise les pratiques de mauvaise gestion et de corruption et, d’autre part, parce que cela décourage les investissements et les échanges économiques.

 

 

 

2-      Droits de l’homme et développement

 

Les réflexions sur les thématiques des droits de l’homme et du développement suivent depuis quelques années aujourd’hui, des trajectoires convergentes. La prise de conscience des liens fondamentaux existant entre les violations des droits de l’homme, la pauvreté, l’exclusion, la vulnérabilité et les conflits a ainsi conduit de nombreux pays qui octroient de l’aide aux « nécessiteux » à s’intéresser de plus près à la question des droits de l’homme dans le but d’améliorer la qualité de la coopération pour le développement. Certains ont adopté des approches du développement fondées sur les droits de l’homme tandis que d’autres ont préféré intégrer, explicitement ou implicitement, le thème des droits de l’homme dans diverses facettes de leurs activités à l’appui du développement, et en particulier dans leurs programmes d’action portant sur la gouvernance. Il y a donc nécessité à avoir une vision plus stratégique et plus cohérente de l’intégration des droits de l’homme et du développement, et des moyens pour y parvenir, et à dégager un consensus sur ces différents aspects.

Il est important de préciser  que la promotion du respect des droits l’homme fait corps avec le processus de développement alors que la démocratie a comme socle les droits humains, l’égalité, la participation et la responsabilité. La gouvernance et la démocratie ne sont pas censées jouer un rôle instrumental (la démocratie contribue à la bonne gouvernance, qui elle-même favorise la croissance et contient les  inégalités) mais elles représentent en elles-mêmes des dimensions constitutives du bien-être des populations. Car le développement consiste dans la participation totale et efficace de tous. C’est dire in fine, que la valorisation des ressources humaines est cardinale pour la continuité du processus de démocratisation et l’instauration du développement durable car elle exige  que les individus soient à même  d’opérer des choix.

Enfin, la démocratie,  les droits de l’homme et le développement participatif peuvent contribuer, ensemble, à la consolidation de la paix. En effet, les démocraties règlent le plus souvent leurs différends internes par des moyens pacifiques. Par ailleurs, au-delà de ce rôle préventif, le cadre démocratique s’est souvent révélé efficace pour le règlement pacifique des conflits internationaux. Facteur de paix, la démocratie favorise donc le développement, qui tend lui-même à consolider l’état de paix intérieure et, partant, la paix internationale, puisqu’un grand nombre de guerres trouvent leur origine dans des conflits internes. Démocratie, développement et paix constituent alors une trilogie, un dessein commun. Tout bien pensé, les trois concepts  analysés supra aident fortement à la réalisation, quoiqu’ asymptotique, de ce que Galtung, icône flamboyante des études de paix, appelle Paix positive. C’est donc à éplucher les effets d’une telle combinaison qu’il faut à présent s’employer.

 

 

B-     Bilan

Il est question ici de voir ou, en quelque manière, de s’enquérir du chemin parcouru dans cette cavalcade dont le dessein consiste à juguler le sous-développement, et donc l’atteinte du développement. La célèbre antienne selon laquelle la perfection n’est pas de ce monde trouvant bien son compte ici, montrons d’abord ce que cet autre remède a pu soigner comme mal, avant de voir, dans le meilleur des cas, quels maux il n’a guère soignés, et dans le pire, ses émanations pestilentielles et ignominieuses.

1-      Des avancées quand même…

Même si la probabilité pour que l’on soit prolixe sous cette rubrique est mince, il faut pouvoir dire, n’en déplaise à certains, quelque chose, quelque chose de vérifiable. Pour être clair, il la portée des avancées dont nous faisons mention ici s’apprécie particulièrement à l’aune de  la situation qui prévalait en Afrique avant le début du mouvement démocratique. Ainsi en tenant compte de ce passé politique et si on se réfère aux aspects fondamentaux de la démocratie, le paysage politique et institutionnel du continent noir en général a été bouleversé. Des élections pluralistes ont été organisées dans les pays d’Afrique. Des parlements où cohabitent majorité et opposition, des radios et des télévisions privées et une presse écrite dynamique malgré un taux élevé d’illettrisme font désormais partie du décor politique africain.

Quant au développement participatif, Cameroon’s National Project for Participatory Development (CNPPD) dans le cadre de sa stratégie pour la réduction de la pauvreté, a lancé un projet national de développement participatif.  Ce projet a le dessein de réduire considérablement la pauvreté au travers de cinq aspects : le développement agropastoral, l’environnement, les eaux et forêt, la recherche agronomique et la protection de la société civile. Evoquons également les conférences nationales souveraines qui se sont tenues ça et là  en Afrique, en vue de l’amélioration de l’environnement politique et socioéconomique.

  • Les conférences nationales souveraines

 

L’émergence des conférences nationales souveraines a lieu dans un contexte où le monopartisme a montré ses limites. Le monopartisme était en fait censé, à tout le moins,  théoriquement, juguler, voire évacuer les risques potentiels de division. En sus de cela, il devait mettre à contribution tout le potentiel humain du pays afin de résorber le sous-développement. On observera malheureusement que le monopartisme a masqué les divisions, au lieu de les évacuer et n’a pas pu assoir un Etat moderne à économie prospère. Toutes choses favorisées par un unanimisme ou un consensus imposé affichant, ipso facto, de part et  d’autre en Afrique, les prolégomènes d’un Etat patrimonial[1]. Avec un tel blocage des structures étatiques conjuguées à une remarquable paralysie économique, il était impérieux de repenser l’Etat en Afrique, afin que poignent des lueurs d’espoir pour les populations.

Mais l’idée pionnière même des conférences nationales doit peut-être cherchée chez le Professeur G. Pambou Tchivounda qui disait déjà, avec clairvoyance, à l’aube des années 1980 que « la démocratie chez les africains pourrait bien trouver la mesure dans l’institution d’un débat public sur la reconstruction de l’Etat »[2]. Une reconstruction de l’Etat qui devait être une catharsis collective[3], un exorcisme social qui devait libérer la société de ses vieux démons. Voilà la remontée qui permet de se faire une idée assez élaborée des conférences nationales.

A côté de ces avancées notables, on compte également de nombreux obstacles que les réussites citées plus haut ne doivent occulter.

2-      Critique

a-      De l’instabilité politique durable…

Quel que soit le prisme sous lequel les uns et les autres voient le processus de démocratisation, il faudra accepter unanimement, ou à tout le moins majoritairement, qu’il y a un télescopage entre les « dynamiques du dehors et les dynamiques du dedans »[4] qui  est source d’instabilité durable. Ces contradictions s’illustrent dans les tensions entre la logique de démocratisation elle-même et les contraintes des mesures de réformes économiques imposées par les institutions financières internationales, la récurrence du recours aux idiomes communautaires dans la grammaire politique locale et la corruption des démocraties locales.

Les processus de démocratisation se déroulent dans un contexte de fragilisation des bases économiques de l’Etat  africain déjà mal en point. Une des caractéristiques majeures de ce mouvement de démocratisation est qu’il est consubstantiel aux contraintes économiques des politiques d’ajustement et de la libéralisation de l’espace politique contrarient l’espérance d’un meilleur partage des ressources selon la perception de la démocratie dans l’imaginaire populaire car ces contraintes imposent beaucoup de privations aux populations.  Les pays sont alors menacés d’implosion par cette déception populaire qu’inspire le fonctionnement des nouvelles démocraties. Ce déplaisir populaire est d’autant  plus courrouçant que les populations les moins avisées ont le sentiment proche de la certitude que les mesures d’austérité qui leur sont imposées contrastent littéralement avec l’opulence sans mesure des gouvernants, courtiers des politiques d’ajustement. Alors, s’en suivront, logiquement,  grèves des syndicats de travailleurs et d’étudiants pour raison d’arriérés de salaires ou de bourses, des

mutineries pour des soldes impayés et les diverses revendications en vue d’accoucher de conditions de vie meilleures pour les populations des conditions matérielles des populations. Tout ceci crée alors un climat délétère que même les conférences nationales ne dissiperont pas.

Plus précisément, il faut dire que derrière le simulacre de leadership moderne dont se targuent les dirigeants africains, se trouvent confortablement les idées d’ethnie, de région ou de religion. Aussi, si un chef d’Etat ne peut ouvertement dire (même s’il vit sous l’obédience de tels principes) « chez nous les Bamiléké, chez les Bulu… »  (ce qui sous-entend un  « chez eux »),  le peuple ne se fait pas prier   pour se prêter un tel jeu. Il y a donc un vocabulaire ethnique qui s’est installé progressivement en nous, tel un poison lent. Egalement, il y a une mésestimation, une peur de l’altérité qui rend toute construction d’un réel projet collectif national impossible, voire impensable. Dans le pire des cas, on débouche sur une cristallisation des idées meurtrières aux dégâts innommables : la palette infernale observée au Burundi, au Rwanda et en RDC est parlante.[5]   Abondant dans le même sens, nous assistons ça et là à des coups d’Etat ou à des crises postélectorales. Les blocages les plus frais dans nos mémoires et même dans celle de l’histoire  sont les cas ivoirien, malien, centrafricain. Le discours de la Baule qui disait : pas de développement sans démocratie, pas de démocratie sans développement n’est pas toujours une planche de salut. Comme le dit Célestin Tagou, «Vingt ans après, le bilan en termes de la réussite de l’équation démocratie d’abord, développement ensuite, reste mitigé. »[6] Une situation qui semble bien ravir l’occident. Car on se demande comment on en arrive aux événements du Mali actuel, alors que tout Amadou Toumani Touré était sur le point de faire litière sur ce qui a été érigé en vertu aujourd’hui, à savoir modifier la constitution pour se représenter. Difficile de ne pas voir en l’intervention de la France, aussi bien un secours captieux  qu’un néocolonialisme condescendant.

 

b-      … au néocolonialisme au pas de sénateur

L’Afrique est toujours un « peuple grands enfants »[7], au regard de ce qui a cours aujourd’hui dans le monde. L’occident en général, et la France en particulier, a du mal à penser la postcolonie ; le bilan des cinquante ans d’indépendance en Afrique francophone le prouve assez bien à selon nous tant  la greffe que constitue la décolonisation n’a fait que changer la forme de l’oppression sans en modifier la substance : l’enveloppe a changé mais le contenu est demeuré, avec des formes d’expression parfois plus radicales. Les rapports métropoles-colonies ont un nouveau label : il s’agit maintenant de « coopération », de partenariat gagnant-gagnant. Après un demi-siècle, l’Afrique demeure comme un ensemble de peuples sans vie, loin d’avoir atteint les rivages espérés de la liberté et du progrès. Le colonisateur est parti mais reste présent partout et en tout, et les politiques africains semblent s’être durablement accommodés d’une situation ambigüe qui handicape leurs peuples. Le désir du départ s’est enkysté dans les cœurs de la plupart. Si beaucoup pensent que cette relation Nord-Sud a repoussé les limites du déséquilibre, très peu refusent de voir en les BRICS, la manifestation de la volonté de puissance pourtant indéniable aux occidentaux. En tout cas le gouverneur de la Banque Centrale nigériane, M. Lamido Sanusi estime qu’ « il est crucial pour le développement du Nigéria et du reste de l’Afrique que nous retirions les lunettes teintées de rose avec lesquelles nous regardons la Chine ».[8]   L’occident n’est donc qu’un pompier pyromane.

 

 

SYNTHESE

 

Néolibéralisme, Fin de la guerre froide, chute du mur de Berlin et perestroïka-glasnost et ont finalement dressé la carte de la démocratisation. En Afrique noire, le joyau de la couronne a été la Conférence de la Baule qui a signifié les conditions y afférant,  donnant droit à des privilèges ou des sanctions négatives, selon qu’on les respecte ou pas. Des privilèges qu’il faut appeler aide publique au développement. Mais malgré tout, l’on n’a pas les résultats escomptés. On assiste plutôt à une recrudescence de la violence et à une main-basse extérieure sur l’Afrique. l faut bien se dire que le mal est profond, donc il faut invoquer une nécessaire temporalité car dans le cas d’espèce, même la recette miracle procèdera par processus. Disons donc patience, mais pas léthargie.

 

CONCLUSION

 

Au terme de cet ouvrage, il est impérieux de faire retour, fût-ce brièvement, sur le parcours. Le concept de développement est tellement inéluctable qu’il occupe  une place de choix au menu des préoccupations de nombre de chercheurs. S’il est une chose claire, c’est bien que tous les individus tendent vers une amélioration de leurs conditions de vie, tendent vers le bien-être. D’où la difficulté de définir un tel concept car les voies empruntées pour y parvenir varient d’un individu à un autre, d’une population à une autre, d’un pays à un autre. Pour autant les études inhérentes à ce concept évoluent et s’adaptent chaque fois à la nouvelle donne. Rien n’est fait avec la panoplie de stratégies mises en place au kil des années. L’on devra donc recourir, dans les années 1990, à une nouvelle stratégie à savoir : démocratisation, droits de l’homme et développement participatif/décentralisé. Il était alors question de procéder à une démocratisation dans les PVD, laquelle drainerait le respect des droits de l’homme et le développement décentralisé, donc impulsé par la base. L’Afrique a fait un pas non négligeable pour ce qui est de la participation et la libre association politique, la liberté d’expression… Voilà en fait quelques points qui font que ce tableau ne soit pas tout de noir peint. Mais il faut se rendre à l’évidence et dire que les sommets, conférences… pour le développement sont légion aujourd’hui, mais ne sont pas proches des solutions aux maux dont souffrent l’Afrique car cette aide est impulsée par une volonté de mal faire. C’est une aide liée qui ne nous aide pas à nous passer de l’aide. En tout état de cause, nous devons sortir du hors-monde[9] et cesser de dire, pour causer bonne conscience, « le Cameroun c’est le Cameroun ». Car l’Afrique doit entrer dans un nouvel âge de  la dispersion et de la circulation[10], eu égard au rôle qui lui échoit dans les prochaines décennies. Et pour bien l’assurer, elle doit se servir de la science pour prendre conscience des déficiences dont elle fait l’objet. Elle doit puiser dans ses gisements de pensée pour se « sortir  de la grande nuit ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

-           Tagou, Célestin : « Retrospective des théories et stratégies de développement : De Truman aux OMD », in Repenser le développement à partir de l’Afrique, Yaoundé,  afrédit, 2011

-          Afrique contemporaine No 220, 2006 : Gouvernance, Démocratie et opinion publique en Afrique

-          Leftwich, Adrian (1996), Democracy and Development, p. 3-40, 74-92

-          Déclaration Universelle des droits de l’Homme 1948 (internet)

-          La Conférence de la Baule  1990

-          J. Papart & al : (Theoritical Perspective on Gender and Development) p. 2-3, 21

-          K. Fokam, Paul: Misère galopante du Sud, complicité du Nord: Jeux-Enjeux-Solutions, Paris, Maisonneuve & Larose, 2005

-          Bayart, Jean-François« La problématique de la démocratie en Afrique noire : La Baule, et puis après ? », in : Politique africaine, No43, octobre 1991, pp. 11-17

-          Calvez, Jean-Yves : Politique. Une introduction, Paris, Aubier, 1995

-          KAMTO, Maurice (Sous la direction de) : L’AFRIQUE DANS UN MONDE EN MUTATION. Dynamiques internes ; marginalisation internationales ?; 2010

-          Kamto, Maurice : L’urgence de la pensée. Réflexions sur une précondition du développement en afrique., Yaoundé, Mandara, 1993

-          Médard, Jean-François (Sous la direction de) : Etats d’Afrique noire. Formations, mécanismes et crise, Paris, Karthala, 1991

-           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LISTE DES SIGLES ET ABBREVIATIONS

 

 

APD : Aide Publique au Développement

ALD : Advance Level Dictionnary

BIT : Bureau International du Travail
BM : Banque Mondiale

D.U.D.H: Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
FMI : Fonds Monétaire International

GIZ : Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit

IDRC : International development Research Center

NGO: Non Governmental Organization
ONG: Organisation Non Gouvernementale

ONU : Organisation des Nations Unies
PAS : Plan d’Ajustement Structurel

PCUS : Parti Communiste de l’Union Soviétique

PD : Participatory Development

PNDP : Programme National pour le Développement Participatif
PVD : Pays en Voie de Développement
S.A.P: Structural Adjustment Program
UA: Union Africaine
URSS : Union des Républiques Socialistes et Soviétiques

USA: United States of America

USAID: United States Agency for International Development

entre les deux

en


[1] Le patrimonialisme est un concept initié par Max Weber et récupéré par d’autres penseurs tels J. F. MEDARD dans « L’Etat néo-patrimonial en Afrique noire » in  Médard, Jean-François (Sous la direction de) : Etats d’Afrique noire. Formations, mécanismes et crise, Paris, Karthala, 1991

 

[2] Cf Maurice KAMTO dans « Crises de l’Etat et réinvention de l’Etat africain » in KAMTO, Maurice (Sous la direction de) : L’AFRIQUE DANS UN MONDE EN MUTATION. Dynamiques internes ; marginalisation internationales ?, 2010, p. 96

[3] Maurice kamto : L’urgence de la pensée. Réflexions sur une précondition du développement en afrique., Yaoundé, Mandara, p.190

[4] Nous empruntons cette expression à Georges Léon Balandier (1971) pour désigner les dynamiques sociales, propres définition à toutes les sociétés, qui proviennent des influences exogènes et endogènes.

[5] Dans les rôles respectifs de victimes et d’auteurs : génocide des Hutus par les Tutsi au Burundi (1972), des Tutsi par les Hutus au Rwanda (1994) et du génocide des

Hutu par les Tutsi en RDC, ex-Zaïre de 1996 à 1997.

[6] Tagou, Célestin : « Retrospective des théories et stratégies de développement : De Truman aux OMD », in Repenser le développement à partir de l’Afrique, Yaoundé,  afrédit, 2011

 

[7] Expression utilisée par Engelbert Mveng dans Balafons.

[8] Cité dans le Financial Times (12 Mars 2013), et repris dans Le Monde Diplomatique (Avril 2013 p. 2)

[9] Expression utilisée par A. Mbembe dans  Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée, La Découverte, coll. « cahiers libres », 2010, 243 p.

[10] A. Mbembe, op. cit.

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